De toutes mes forces, j'essaie de découvrir ce que l’on appelle la poésie.
Pendant ma quête, en gros, j’ai pu écrire à peu près sept mille vers et malgré les tonnes de foi épaisse déversées sur eux à la bétonneuse, je n’ai jamais aperçu un rayon divin naissant entre deux estrofes.
Ce fut, la plupart du temps, un demi-dieu mort-né le fruit de mes soucis, après déchiqueter son corps mou je jetais les morceaux aux fourmis toujours avides de matière première.
Et je recommence à frotter les mots jusqu’au jour où jaillisse l’étincelle et devienne un soudain éclair assez puissant pour bâtir la Chanson des Nibelungen de mon peuple moribond ou une version européenne des Lusiades de Camões comme une consigne pour réaliser une RCP au cœur du désespoir.
The quest
With all my might, I try to discover what is called poetry.
During my quest, I've managed to write roughly seven thousand lines, and despite the tons of thick faith poured over them, like a cement mixer, I've never glimpsed a nascent divine ray between two stanzas.
Most of the time, it was a stillborn demigod, the fruit of my sleepless worries. After tearing its soft body to shreds, I threw the pieces to the ants, ever hungry for raw material.
And I start rubbing the words together again until the day the spark ignites and becomes a sudden flash powerful enough to build the Song of the Nibelungs for my dying people, or a European version of Camões's Lusiads, like instructions for performing CPR in the midst of despair.