
les sangs à moitié endormis
dans leurs tanières de givre
le temps était ce mince filet d’eau
d’une source entre les noisetiers
rien ne nous y obligeait
tout poussait à la paresse
jusqu'à ce que le Printemps
se pointe à coups de marteau
avec son armée de pétales de merisier
engraissant les rivières
entraînant les vaisseaux sanguins
dans une fureur ivre de vitesse
et là, tel des branchettes arrachées
partent nos passions à la dérive
dans le courant aveugle
almighty spring
half-asleep bloods
in their dens of frost
time was this thin trickle of water
from a spring between the hazel trees
nothing forced us,
everything led to laziness
until spring comes
striking hammer blows
with its army of cherry petals
fattening the rivers
entraining blood vessels
in a drunken fury of speed
and there, like twigs torn off
our passions go adrift
in the blind current